Portraits

Henri Gandon

Portrait du HWK

Henri Gandon (1893-1953), 28e BCA

Henri Gandon

Henri Gandon naît le 7 octobre 1893 à Hières-sur-Amby (Isère), au sein d’une famille de cultivateurs. En novembre 1913 il est incorporé au 28e Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) dans le cadre du service militaire. Il est déjà sous l’uniforme quand la France décrète la mobilisation générale, en août 1914.

Affecté à la 1re compagnie de son bataillon, Henri Gandon participe dès les premières semaines du conflit à la campagne d’Alsace et aux combats sur les sommets vosgiens. Le 31 octobre, il prend part à la conquête de la Tête du Violu puis, en décembre, à celle de la Tête des Faux. Après avoir enlevé ce sommet culminant à 1 219 mètres, les chasseurs alpins y endurent des conditions particulièrement éprouvantes : froid intense, neige, absence d’abris, à quelques mètres seulement des Allemands.

Relevées le 17 décembre 1914, les 1re et 5e compagnies du 28e BCA retrouvent le gros de l’unité stationné à Verpillière. Quelques jours plus tard le bataillon est engagé sur le Hartmannswillerkopf, où se déroulent les premiers affrontements pour le contrôle de la montagne. Le 21 janvier 1915, la 1re compagnie fait face à une violente offensive et se retrouve encerclée sur le sommet. Les assauts lancés pour tenter de la dégager sont vains. Isolée et à court de munitions, la garnison française est contrainte de déposer les armes.

Henri Gandon figure parmi les survivants. Blessé au cours des combats, il est transféré au Reserve-Lazarett de Mulhouse. Commence alors pour lui une période de captivité, marquée par son internement au Stammlager de Dillingen, en Bavière. Pendant plusieurs mois, sa famille reste sans nouvelles, jusqu'à ce que la Croix-Rouge confirme sa survie en février 1916. Affecté à diverses corvées, il demeure prisonnier jusqu’à la fin du conflit. Il n’est rapatrié que le 2 janvier 1919, soit presque 5 années après son départ pour la guerre.

De retour à la vie civile, Henri Gandon fonde avec son épouse, Mathilde Marie Chaboud, un foyer de six enfants. Sur le plan professionnel, il devient agent de réseau pour la Compagnie des Tramways Lyonnais (OTL). Il s'éteint à l’âge de 56 ans, le 27 juin 1953, à la suite d’un accident de bicyclette sur les routes de son enfance, alors qu'il se rendait à Saint-Étienne-d'Hières.