Portraits (1)

Joseph Ferdinand Belmont

Portraits du HWK

Joseph Ferdinand Belmont (1890-1915), 11e BCA

Joseph Ferdinand Belmont

Né le 13 août 1890 à Lyon, Ferdinand Belmont est, à l’entrée en guerre, officier de réserve et jeune médecin. Animé par une volonté de combattre, il choisit de s’engager comme militaire et rejoint le 51ᵉ bataillon de chasseurs alpins (BCA) avec le grade de sous-lieutenant.

Son baptême du feu a lieu à la fin du mois d’août 1914, dans la région de Saint-Dié, dans les Vosges. Les combats sont d’une extrême violence : le 51ᵉ BCA est presque entièrement anéanti. Ferdinand Belmont écrit alors ces mots lourds de désolation : « Du 51ᵉ, il ne reste que des débris ».

Le 2 septembre 1914, les chasseurs rescapés sont reversés au 11ᵉ BCA. Ferdinand Belmont y prend le commandement de la 6ᵉ compagnie, avec le grade de lieutenant. Sa valeur au feu lui vaut une promotion rapide : il est nommé capitaine dès le mois suivant. Le jeune officier mène ses hommes au feu dans les Vosges, la Somme et les Flandres, avant de parcourir les principaux champs de bataille du massif vosgien en 1915

À la fin du mois de décembre, le 11ᵉ BCA est appelé en renfort sur l’Hartmannswillerkopf. Le 26 décembre, alors que le bataillon se trouve en réserve, Ferdinand Belmont écrit avec une retenue teintée d’ironie : « Dire que ce séjour est délicieux serait évidemment exagérer un brin, mais nous pourrions être plus mal lotis que certains bataillons ». Deux jours plus tard, sa compagnie est prise sous le feu de l’artillerie allemande. Un éclat d’obus frappe alors mortellement le capitaine ; son bras droit est sectionné. Malgré les secours, l’hémorragie ne peut être maîtrisée. Ferdinand Belmont meurt à l’âge de 25 ans et est alors inhumé dans la nécropole de Moosch, aux côtés de son frère, Jean, tué en août 1914.

Sa mémoire demeure aujourd’hui à travers les nombreuses lettres qu’il a rédigées tout au long de sa campagne. Témoignage d’une rare intensité, sa correspondance livre son regard d’officier, ses expériences du combat et ses sentiments les plus personnels. Elle a été publiée sous le titre Lettres d’un officier de chasseurs alpins.